Albert Lutete Mvuemba

ALBERT LUTETE MVUEMBA, Inspecteur des Finances depuis 1988, Secrétaire Général du Syndicat des Inspecteurs des Finances (d’octobre 2000 à ce jour), Commissaire aux comptes de la Société Congolaise des Hydrocarbures (de mai 2006 à ce jour) et Responsable Adjoint du Foyer de Communion fraternelle de Salongo-Nord dans le cadre des activités de la PPUKIN (1994-1995). Il se passionne pour l’action syndicale, le développement communautaire et le panafricanisme.

CONFERENCE DE GUNGU du 04 au 05/04/2011 3ème Thème : Le développement socioéconomique du territoire de GUNGU suivant la vision du système coopératif.

I. INTRODUCTION : Apport de la doctrine coopérative dans le processus de développement socioéconomique 1. Le nouveau modèle de développement. De nos jours, les Africains avec tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux ont reconnu l’échec de l’approche du développement basé sur la promotion de l’économie de marché, suite aux résultats médiocres des programmes d’ajustement structurel conclus, à partir de 1985, avec les FMI et la Banque Mondiale. En effet, la contraction de l’économie avec des coûts sociaux exorbitants dans un contexte de dualisme économique a été la conséquence de cette approche libérale. Ces contre-performances débordent le cadre de l’économique et met en lumière la dissonance entre les valeurs culturelles africaines et les fondements du libéralisme économique que ces reformes voulaient instituer en Afrique (stabilité économique et libéralisation de l’activité économique). Face à cette crise stratégique, tous les partenaires s’accordent pour dire que chaque peuple doit concevoir sa politique de développement à partir de son histoire, et donc de sa culture : •Juillet 1990 : la conférence ministérielle des gouvernements africains et ceux des pays donateurs a adopté à Maastricht une résolution recommandant la réalisation des études prospectives nationales à long terme; •Septembre 2000 : déclaration sur les objectifs du millénaire pour le développement; •Nouveau partenariat pour le développement : NEPAD; •En 2002 : forum social mondial à Porto Alegre; •Depuis 2002, le FMI et la BM ont demandé à chaque pays en développement d’organiser un forum sur les possibilités de croissance durable en vue d’arrêter un ensemble réaliste d’objectifs, de politiques et d’actions pour la relance économique. Ainsi, ils ont déclenché dans chaque pays le processus d’élaboration de document propre de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP). Dans le cadre du DSCRP congolais, les actions inscrites au programme national de relance économique et de la réduction de la pauvreté sont notamment : •Le soutien aux initiatives privées particulièrement en matière d’encadrement, d’approvisionnement et de commercialisation ; •L’appui aux comités de développement communautaire (CDC), des associations de développement des villages (ADV), des coopératives en vue d’en faire des opérateurs économiques et de changer progressivement le système traditionnel d’exploitation agricole. La stratégie de développement par l’action coopérative est donc le point de mire de la politique de développement du Gouvernement. Il est d’une nécessité impérieuse de former les populations rurales notamment à la doctrine coopérative et les encadrer dans la mise en œuvre des projets coopératifs de développement. De toute évidence, l’option économique sociale du marché prônée par la Constitution de la RDC se concrétise dans le système coopératif (économie coopérative). 2. Renouveau dans les rapports socioéconomiques Le système coopératif a rééquilibré et moralisé les relations socioéconomiques dans l’histoire de l’Occident. Il a ainsi permis d’améliorer la condition sociale des gens du peuple en tant qu’il s’appuie sur le service, l’entraide, les valeurs et besoins humains et non sur le profit, les rivalités et la possession du capital. En effet, l’activité de l’entreprise coopérative change le statut social des membres qui, au lieu de demeurer simplement de simples clients, acheteurs, usagers, travailleurs ou artisans, deviennent copropriétaires de la coopérative, donc des entrepreneurs, avec un rôle social nouveau, plus responsables, grâce aux quatre principes coopératifs : adhésion et démission libres, pouvoir démocratique, répartition du trop-perçu proportionnellement aux opérations, limitation du taux d’intérêt sur le capital versé. Force est de reconnaître que le coopératisme a apporté un contingent inestimable dans l’amélioration du climat des affaires, notamment dans la promotion du droit, de la justice, de l’intégrité et de la confiance parmi les personnes composant le corps social, en particulier, les opérateurs économiques et la société civile. Sous l’influence salutaire des coopératives, les pays tels que la Suisse, le Danemark, l’Allemagne, Israël et le Canada se sont développés en appliquant les principes coopératifs à l’échelle nationale, améliorant le capital humain et consolidant la confiance entre agents

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